Redoutée, souvent douloureuse, parfois handicapante, la polyarthrite rhumatoïde est une pathologie mal vécue par les personnes touchées, crainte par ceux qui connaissent quelques signes avant-coureurs. L’ostéopathie peut soulager les patients et freiner l’avancée de la maladie.

par Anne-Laure DELRIEU – Ostéopathe D.O.

 

La polyarthrite rhumatoïde est la pathologie chronique inflammatoire la plus présente en France. Elle touche le plus souvent les femmes et survient en général à partir de 30 ans et se renforce plus nettement au-delà de 50 ans. Il s’agit d’une inflammation des articulations qui s’accompagne d’autres troubles systémiques. C’est une pathologie très douloureuse d’évolution imprévisible, elle est toutefois de mieux en mieux prise en charge par des traitements médicamenteux, de la kinésithérapie mais également par l’ostéopathie.

 

Mieux connaître pour mieux soigner

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie systémique du tissu conjonctif, caractérisée par une inflammation articulaire chronique évoluant par poussées. En langage simple, il s’agit d’une inflammation de la synoviale, membrane tapissant la cavité articulaire et sécrétant le liquide synovial chargé de « lubrifier » l’articulation et donc de permettre des mouvements fluides. La synoviale ainsi enflammée va s’épaissir et entrainer une production plus importante de liquide synovial ce qui va créer un œdème. Cette inflammation articulaire va, au fil du temps, léser le cartilage.

Cette pathologie a pour conséquences, à long terme, des déformations symétriques des articulations touchées. Ces déformations s’accompagnent aussi de diverses manifestations touchant d’autres organes.

 

Symptômes

La maladie évolue par poussées. Les douleurs peuvent durer plusieurs jours, plusieurs mois… disparaitre… puis réapparaitre ultérieurement.
Les premières articulations atteintes sont le plus souvent celles des mains et des genoux. Des douleurs sont présentes à la pression de ces articulations.

Les douleurs sont présente surtout la nuit et réveillent le malade. On retrouve une importante raideur matinale au réveil, les articulations sont douloureuses, raides, gonflées et chaudes. Il faut parfois plusieurs heures de « dérouillage » matinal.

En l’absence de traitement, les articulations se déforment et la maladie s’étend : les articulations périphériques continuent à être atteintes : pieds, chevilles, coudes, épaules… on peut alors retrouver de nombreuses tendinites.

On retrouve aussi de nombreux symptômes extra-articulaires et ayant un impact sur la vie quotidienne du malade :

  • Durant les poussées, on assiste à une altération de l’état général accompagné d’une fièvre aux alentours de 38°C ;
  • L’atteinte de la synoviale peut entrainer l’apparition de ganglions ;
  • Lorsque la pathologie a évolué, on peut retrouver des atteintes rénales, cardiaques, pulmonaires ou oculaires.

Toutefois, avant d’en arriver là, des traitements existent afin de limiter l’évolution de la maladie.

 

Traitements « classiques »

De nombreux traitements existent et permettent de ralentir l’évolution de la pathologie et de mieux vivre avec.

Les médicaments utilisés afin de réduire les douleurs :

  • Antalgiques (paracétamol par exemple) ;
  • Corticoïdes ;
  • Anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène par exemple).

 

Depuis quelques années, il existe des traitements de fond qui permettent de lutter activement contre l’évolution de la maladie :

  • Le méthotrexate ;
  • Les antipaludéens de synthèse ;
  • Les immunosuppresseurs ;
  • Les biothérapies.

 

N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin. C’est lui qui sera le mieux placé pour trouver le traitement le mieux adapté à vos besoins.
En cas de douleur importante ou continue au niveau d’une articulation, des traitements locaux peuvent être utilisés :

  • Ponctions au niveau d’une articulation ;
  • Infiltration de corticoïdes ;
  • Synoviorthèse : injection dans l’articulation un produit, chimique ou radioactif,  détruisant l’épaississement de la membrane synoviale responsable des manifestations inflammatoires.

 

La kinésithérapie

Afin de contrer la déformation des articulations ainsi que la baisse du tonus musculaire, une rééducation fonctionnelle régulière est alors conseillée au patient.

 

L’apport de l’ostéopathie

Une prise en charge régulière peut permettre un gain de mobilité au niveau articulaire, une diminution des douleurs, ou encore une baisse des effets secondaires.
Certains traitements lourds vont avoir pour effets secondaires de diminuer les défenses immunitaires (le patient sera donc plus sujets aux maladies), ou encore agir sur le système digestif avec apparition de gêne, constipations ou encore diarrhées.
En rééquilibrant les différentes structures entre elle, l’ostéopathe va permettre à l’organisme de s’autogérer et au patient de mieux vivre sa maladie : moins de douleurs, moins d’effets secondaires, gain de mobilité, aisance de mouvements.

 

La polyarthrite est une pathologie lourde et parfois difficile à gérer toutefois ce n’est pas une fatalité !
Tous les moyens mis à votre disposition pourront vous aider à gérer au mieux votre pathologie et pourront permettre aux proches de patients atteints de les encadrer de la meilleure façon possible.